LE FLAHEC Nicolas

Jean-patrick Manchette de Nicolas LE FLAHEC (Gallimard, janv 25).En 1995, à cinquante deux ans mourrait Jean-Patrick Manchette, le romancier qui, dans un même mouvement, a profondément renouvelé le polar français et largement contribué à forger son statut littéraire. Pour le trentième anniversaire de sa disparition, Nicolas Le Flahec nous propose une étude qui, pour la première fois, embrasse les différentes composantes de l’œuvre de Manchette : romans, nouvelles, pièces de théâtre, scénarios, articles de journaux, traductions, correspondances, entretiens…

Nicolas Le Flahec, spécialiste de l’œuvre de Manchette, enseigne à l’université de Bordeaux.

GIRARD Catherine

In violentia veritas de Catherine GIRARD (Grasset, août 25).

Dans la nuit du 24 au 25 octobre 1941, un homme et deux femmes sont assassinés au château d’Escoire en Dordogne : Georges Girard, propriétaire du château, sa sœur Amélie et leur domestique, Louise Marie Soudeix. Un temps suspecté, Henri Girard, le fils de Georges, est finalement acquitté. Il deviendra écrivain, sous le pseudonyme de Georges Arnaud, auteur notamment du Salaire de la peur (1949) – un roman qu’il avait dédié à son père. Quand elle apprend qu’on la surnomme “la fille de l’assassin”, Catherine Girard, fille d’Henri Girard, interroge son père qui reconnaît sa culpabilité.

Catherine Girard, successivement dresseuse d’éléphants à Mae Sai, navigatrice au Portugal, acheteuse de pierres précieuses en Birmanie, fleuriste de bodegas à Rio, vendeuse de voitures de luxe au Japon, signe avec In violentia veritas son premier roman. In violentia veritas est sélectionné pour le prix Augiéras 2026.

ESPITALIER Nicolas

Bordeaux, fragments amoureux de Nicolas ESPITALIER et Quentin SALINIER (Sud-Ouest, avril 26). 

Un écrivain et un photographe croisent leur regard sur le Bordeaux d’aujourd’hui, où une nouvelle ville pousse sur le terreau de deux millénaires de pierre et d’histoire. Ils proposent deux visions singulières et complémentaires de cette cité dans laquelle ils vivent, traçant un itinéraire original derrière la façade blonde des idées reçues, racontant comment le quotidien se déploie dans le décor magnifié de ses quartiers classés au patrimoine mondial de l’humanité.

Nicolas Espitalier, périgourdin d’origine, fut le premier lauréat du prix Augiéras avec Salamanque en 2010.

DEWANBRECHIES Pascale

Ce qui vient au monde de Pascale DEWANBRECHIES (Perles rares, août 25).

La mort de celui qui l’a élevée ravive chez Louise une insondable tristesse. Celle du décès de sa mère alors qu’elle n’avait que dix ans. Mais du chagrin qui désormais l’étreint, Louise fait une force et conquiert sa liberté. Ce qui vient au monde… nous fait revivre l’histoire de ces femmes, étudiantes ou ouvrières, philosophes ou simples militantes et de leurs conquêtes arrachées de haute lutte. Au fil des pages, se bâtit la vie d’une femme. De femmes plurielles et ensemble conjuguées.

Militante du droit des femmes, Pascale Dewanbrechies habite à Mérignac. Ce qui vient au monde est sélectionné pour le prix Augiéras 2026.

DECOUTY Eric

Les braises de l’incendie d’Eric DECOUTY ( Liana Levi, oct 25).“Ne pas faire de zèle.” Voilà ce qu’on rabâche au juge Krause depuis qu’il est chargé d’instruire l’affaire de l’hôtel Caumartin : un hôtel social délabré où s’entassaient des immigrés africains et qui a été réduit en cendres par un violent incendie. Comment “ne pas faire de zèle” quand 28 personnes ont perdu la vie? Pris dans une tourmente personnelle, le juge Krause n’est pas sûr d’avoir la force de mener à bien cette enquête. Jusqu’à ce qu’il croise la route de Nathalie Ségurel, une jeune avocate qui lui remet un témoignage inédit. Tano, un adolescent ivoirien, a disparu après avoir vu quelque chose qu’il n’aurait pas dû voir ce soir-là.

Eric Decouty est journaliste et romancier. Il est originaire d’un petit village de la région de Rochechouart (Haute-Vienne). Les braises de l’incendie est sélectionné pour le prix Augiéras 2026.

CZARNY Norbert

Mains, fils, ciseaux de Norbert CZARNY (Arléa, janvier 23).

Quand l’histoire est fracas, destructions, séparations, des mains se tendent. L’enfant qui regarde, écoute, observe est bien le même que l’homme d’aujourd’hui qui réinvente le fil du récit. Fils de tailleur, il entaille à son tour l’épaisseur du temps. Quand l’Histoire est fracas, destructions, séparations, des mains se tendent. Ici, celles d’une Juste rencontreront celle d’une enfant pourchassée, là celles d’un survivant relèvent un désespéré dans un camp. Mais, quand la paix revient, des mains unissent ceux qui s’aiment et qui traverseront la vie ensemble.

Norbert Czarny a enseigné les Lettres pendant une quarantaine d’années, surtout en collège.  Il vient de faire paraître Au pays perdu (Éditions La Pionnière, mars 2026). Mains, fils, ciseaux est en lice pour le prix La Boétie 

CREMIEU-ALCAN Philippe

René Maran de Philippe CREMIEU-ALCAN (Mémoring, nov 24).

En 1921, René Maran a été le premier Noir à recevoir le prix Goncourt pour son roman Batouala. La remise de ce prix va déclencher un véritable scandale. Si le scandale est littéraire, il entraîne aussi des interrogations politiques dans le Paris intellectuel des années 1920. Le monde des lettres, les coloniaux, les journalistes prennent conscience qu’un noir peut faire œuvre littéraire. Cette capacité et la préface dénonçant le rôle des Européens dans la colonisation, posent aussi des enjeux sur la notion d’égalité et, en filigrane, sur le devenir dans la Troisième République des Africains des colonies. Mais le scandale Batouala préfigure aussi la prise de conscience des Noirs, étudiants, avocats et hommes politiques.

Philippe Crémieu-Alcan est né à Bergerac. Il est enseignant d’histoire en collège.

CHIGNAC Frédéric

Le dernier nuage de Frédéric CHIGNAC (Hervé Chopin, sept 25).

1802, Londres. Alors que la France et l’Angleterre sont en guerre, Luke Howard, un honnête apothicaire quaker, présente sa théorie sur les nuages à une importante société scientifique… Pour lui, les nuages ont une dimension universelle et leur donner des noms latins semble parfaitement approprié. Cette idée va pourtant susciter une énorme polémique et Howard et sa famille se retrouvent au cœur de la tourmente. Intrigues, coups bas, pouvoir des médias, tout s’en mêle. Ce roman est inspiré de l’histoire vraie du météorologue anglais, Luke Howard, à l’origine de la nomenclature des nuages.

Le bordelais Frédéric Chignac est réalisateur de reportages pour Envoyé Spécial, Faut pas rêver et Thalassa depuis les années 90.

CAVATZ Martial

Les caractériels de Martial CAVATZ (Alma, août 24).

Naître dans un quartier populaire au sein d’une famille dysfonctionnelle tout en étant malvoyant, on pourrait se dire que c’est pas gagné… A moins que les problèmes ne s’additionnent pas et que la déficience visuelle ne soit finalement une chance : une soustraction des emmerdements… L’information essentielle étant toutefois que les aveugles peuvent faire du vélo tout seuls dans la cour de leur école sans se rentrer dedans.

Martial Cavatz est aujourd’hui responsable du service du personnel de l’UFR Science du langage, de l’homme et de la société (SLHS) de Besançon.

BRUNAUX Hervé

Cuisine au sang d’Hervé BRUNAUX (La geste, avril 26).

En Périgord, foyer de résistance de la cuisine rurale, Pierre Pechmalou est un espion d’un nouveau type, à la solde des services d’hygiène. Il est chargé de débusquer les fermiers restés fidèles aux méthodes de production traditionnelles. Mais Pierre est aussi un père déchiré, qui se bat pour la garde de son fils. Au détour de ses missions saturées de culpabilité, reviendront le hanter quelques-uns des fantômes de sa jeunesse.

Hervé Brunaux habite Périgueux. Depuis 2014, il est le Président du jury du prix Augiéras.