RENCONTRES

SAMEDI 25 JUIN

15h00 – Clémentine BEAUVAIS, Lise CHAPUIS et Elie ROBERT-NICOUD

                      Traduire, recréer sans trahir?

   Paul Valéry défendait dans la revue Europe Nouvelle l’idée que la traduction devait permettre la transmission des valeurs littéraires mondiales. Il s’agit bien de cela. Le traducteur, en tant que « passeur de livres », est celui qui permet la mise en place d’une sorte de « bourse littéraire ». Pour préserver à la fois le sens et la qualité de l’œuvre traduite, bien maîtriser la langue est une nécessité, posséder le talent de l’écriture en est une autre. Que se passe-t-il autour du mot, de la phrase ou de la formule traduits? Le traducteur peut-il recréer sans trahir?

Lise CHAPUIS est traductrice littéraire; elle a traduit de nombreux écrivains italiens contemporains.

 

Clémentine BEAUVAIS écrit pour la jeunesse et a traduit des auteurs anglophones que ce soit en littérature jeunesse ou adulte.

 

Elie ROBERT-NICOUD est écrivain, parfois sous le pseudonyme de Louis Sanders; il est également traducteur d’auteurs anglophones.

 

  

      Animation: Laurence LANASPÈZE, professeure documentaliste  

 

 

 

                          

16h30 – Philippe LACADEE, Serge SANCHEZ et Nathalie VANNEREAU

 François Augiéras: une trajectoire aux identités multiples

François Augiéras (1925-1971) appartient à la lignée des « artistes maudits », ceux qui expérimentent toutes les formes de cruauté de la vie tels Sade, Rimbaud, Van Gogh, Arthaud. Dernier primitif (Sanchez), il fut l’un des artistes les plus scandaleux et les plus choquants de son époque. Célébré pourtant par les plus grands, A.Gide, M.Yourcenar, Y.Bonnefoy, Le Clézio, il demeure encore aujourd’hui peu connu. Son œuvre écrite, comme sa peinture, restent confidentielles parce qu’elles choquent, parce qu’elles proposent d’outrageuses jouissances, des confusions primordiales face à sa grande ennemie: La Civilisation. Tout comme Arthur Rimbaud, François Augiéras est l’homme aux semelles de vent qui aura vécu dans les déserts sahariens, les monastères du Mont Athos, les grottes, les chapelles du Périgord, pour tenter de mettre son âme et son corps en résonance avec le cosmos et la Nature: sa voie du réel (Lacadée).

Nous nous proposons ainsi de faire connaître au public l’itinéraire d’un génie déboussolé, d’un vagabond, d’un sauvage, d’un poète et d’un peintre qui occupe une place primordiale dans l’art du XXème siècle et d’en faire concevoir son inquiétante beauté (Benedetti).

         

 

                  Nathalie VANNEREAU a réalisé le film documentaire sur François Augiéras      intitulé Sous le ciel d’Augiéras (2021).

 

Philippe LACADEE est psychiatre-psychanalyste à Bordeaux. A écrit un essai intitulé François Augiéras, L’Homme solitaire et la voie du Réel (Éditions Michèle, 2016).

 

Serge Sanchez est écrivain et a publié Augiéras, le dernier des primitifs (Grasset, 2006).

 

 


                          Animation: Jean-Marc BENEDETTI, écrivain

        rend hommage à François Augiéras dans son dernier ouvrage, Rien ne vaut ce jour (Passiflore, 2021).

 

DIMANCHE 26 JUIN

9h30 – PETIT-DÉJEUNER PUBLIC avec Marc LARGE

      Que connait-on de la culture touarègue?

Dans Toi, qui que tu sois, Marc Large nous fait vivre la rencontre improbable d’un touareg de Tanezrouft avec une chroniqueuse de Charlie Hebdo, un cheminot basque et un légionnaire serbe. Nous vivons l’exil de son héros, Anzar Awinagh, « celui qui a les yeux bleus », à travers le Mali, le Sahara, le Maroc, la Méditerranée, l’Espagne et les Pyrénées. Ce roman nous permet de rencontrer la culture touarègue, ce peuple d’origine berbère qui a préféré se réfugier dans le désert plutôt que de se soumettre.

Marc LARGE fut dessinateur de presse durant une quinzaine d’années (Charlie Hebdo, Sud-Ouest, Rue 89, Fluide glacial, le Canard Enchainé, etc). Il est aujourd’hui illustrateur, réalisateur, tatoueur et écrivain. Il a passé ses six premières années en Afrique et y est retourné régulièrement. Cette proximité avec d’autres cultures l’a fortement inspiré dans son travail.                                        

 

                                                Animation: Christian LECOMTE

 

 

 

 

10h40 – Jean-Luc AUBARBIER et Frank FAJNKUCHEN

 

                        Stratégies de survie

Comment une communauté confrontée – dans des contextes différents – aux persécutions du nazisme développe-t-elle des stratégies de survie, collectives ou individuelles? Et comment, d’un autre côté, les populations locales, souvent rurales, réagissent-elles et accueillent-elles ces populations déplacées?

Les formes singulières des récits, ici un récit personnel dans une histoire collective, là une fiction adossée à des faits historiques, obéissaient-elles à une nécessité?                                                                                                   

Dans Un kibboutz en Corrèze (Presses de la Cité, 2021), Jean-Luc AUBARBIER décrit une expérience communautaire unique en France créée par la baron de Rothschild: de jeunes allemands, juifs, communistes intellectuels, fuyant l’arrivée d’Hitler au pouvoir apprennent à vivre en autarcie dans un kibboutz au cœur d’un petit village corrézien , dans la perspective d’une implantation en Palestine.

 

Avec Yzkor (Secrets de pays, 2021) – « Qu’Il se souvienne » – Franck FAJNKUCHEN écrit l’histoire de la « tribu familiale ». Mais, au-delà du simple récit familial, cette étude rigoureuse et documentée décrit la vie au quotidien des Juifs du Pays lensois, en Dordogne,, puis dans le Lyonnais. Elle aide à comprendre l’ampleur de la traque dont la communauté fut l’objet entre 1940 et 1944.

 

             Animation:  Bernard  REVIRIEGO, Archiviste

et auteur de Juifs en Dordogne 1939-1944: de l’accueil à la persécution (Fanlac, 2006).

 

 

 

14h30 Luc CHOMARAT et Jérôme CHANTREAU

                            Lire au singulier

          Certains livres nous touchent, au-delà du moment où nous les avons refermés: un écho se produit, une onde se propage, une modification silencieuse s’étire dans le temps.                                                                                                                                                                      Le fils du professeur de Luc Chomarat et Belhazard de Jérôme Chantreau sont l’occasion d’explorer ce paradoxe délicieux que nous offre la littérature: toucher au plus singulier, pour que se dénude un point d’universel, point commun à tous les lecteurs qui veulent bien se laisser attraper par un livre. Vertige d’une résonance intime où la somme de nos chagrins, de nos espoirs, de nos peurs et de nos joies devient lisible…

Un enfant, puis un adolescent, porte un regard perçant, parfois malicieux, sur son monde, restituant ainsi avec délicatesse et profondeur l’éveil aux choses de la vie que les fêlures des adultes viennent zébrer à son insu, c’est Le fils du professeur de Luc Chomarat (La manufacture des livres, 2021). 

 

Un jeune homme sans histoire décède lors d’un contrôle de police. Accident? Bavure? Suicide, comme l’avance le rapport officiel? L’affaire en reste là. Passée sous silence, elle tombe dans l’oubli. Mais Jérôme Chantreau, professeur de français et de latin, l’avait eu comme élève. Alors, il mène l’enquête, et c’est Belhazard (Phébus, 2021).

                                                                  

                     Animation: Véronique PANNETIER, psychanalyste

 

 

 

 

16h – Pierre LEMAITRE, Vincent MAILLARD et Hugues PAGAN

                       Le polar: en sortir?

 

Pierre Lemaitre a signé en 2018 l’adaptation cinématographique d’Au revoir là-haut (Prix Goncourt 2013); romancier devenu scénariste, il a récidivé en 2019 avec  Trois jours et une vie, paru en 2018 chez Albin Michel. Avec Le Grand Monde (Calmann-Lévy, 2022) Il vient de faire paraître le premier volet d’une tétralogie annoncée.

 

Auteur-réalisateur d’une dizaine de films documentaires (récemment, Pauline Dubuisson, 2020), Vincent Maillard s’est révélé comme écrivain avec L’os de Lebowski (Philippe Rey, 2021), prix 30 millions d’amis 2022 auprès d’un jury prestigieux et concourt pour le prix Augiéras 2022 (jury non moins prestigieux) avec Methanic (Ramsay, décembre 2021).

Professseur de philosophie un peu, policier pendant 25 ans, romancier (La mort dans une voiture solitaire, Profil perdu, etc), scénariste pour la télévision (Police District,Nicolas Le Floch, Mafiosa), Hugues Pagan vient de renouer avec son héros fétiche, l’inspecteur Schneider,  dans Le carré des indigents ( Rivages/noir, 2022), pour lequel il vient d’obtenir le prix Landerneau du polar 2022.

 

                       Animation: Jean-Claude RASPIENGEAS,       

                                         journaliste et critique littéraire