Le salon du Grand Périgueux
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Débats et Cafés Littéraires

SAMEDI 20 JUIN

14h30 – Pierre BIRNBAUM et Alain QUELLA-VILLEGER

Pourquoi doit-on garder le passé en mémoire ?

C’est la vaste et essentielle question à laquelle s’efforceront de répondre les historiens Pierre Birnbaum et Alain Quella-Villéger auteurs respectivement de La leçon de Vichy et France Bloch-Sérazin, une femme en résistance (1913-1943). Avec eux, nous aborderons la manière dont les Juifs, d’origine et de statuts divers ont survécu et agi, souvent courageusement, pendant les « années noires ». Nous nous interrogerons également sur la place que l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale accorde aux minorités (ethniques et sexuelles) et sur la façon dont elle rend compte de l’imprégnation de l’antisémitisme au sein de la haute fonction publique, comme le font, chacun à sa manière, ces deux historiens.

Alain Quella-Villéger, né à Rochefort (1955), agrégé d’histoire et docteur ès-lettres en histoire contemporaine, se consacre aux récits de voyage, à l’exotisme, aux relations franco-turques ; spécialiste de la vie et de l’œuvre de Pierre Loti. Coauteur de Pierre Loti dessinateur (Bleu autour, 2009 ; nouvelle édition revue 2019) et de Pierre Loti photographe (Bleu autour, 2012), a édité avec Bruno Vercier le journal intime inédit de l’écrivain (Les Indes savantes, 5 volumes, 2006-2017), travail couronné par le prix Émile-Faguet 2018 décerné par l’Académie française. Vient de publier Pierre Loti. Une vie de roman.

L’histoire des femmes (autour de la romancière Marcelle Tinayre, notamment) fait aussi partie de son champ de recherches. Il vient de publier France Bloch-Sérazin (1913-1943), Une femme en résistance (Des Femmes-Antoinette Fouque) auquel vient d’être décerné le Prix littéraire de la Résistance 2019.

Fondateur de la revue Les Carnets de l’exotisme (1990-2005) et du Carrelet Éditions (2016), bourse Stendhal 2009, auteur d’une quarantaine d’ouvrages, pour certains traduits en turc, japonais ou roumain, a notamment réuni une dizaine d’anthologies aux éditions Omnibus (Indochine, Istanbul, Polynésie, Balkans, etc.) et publié Évadées du harem – Affaire d’État et féminisme à Constantinople, 1906 (Actes Sud/Babel, 2015) et Voyages en exotismes. Ailleurs, littérature et histoire (Classiques Garnier, 2017).

Co-scénariste de films documentaires : P. Loti, un homme du monde (Anekdota/FR3, 2011) et Le Mystère des ‘‘Désenchantées’’ (Anekdota/FR3, 2015) ; conseiller scientifique de Jean-Richard Bloch, une vie à vif (réalisé par Marie Cristiani, 2014) et de René Caillié, l’aventure africaine (réalisé par Pascal Sarrago, 2014).

Né de parents juifs et étrangers, Pierre Birnbaum est confié à l’âge de deux ans à une famille de fermiers des Hautes-Pyrénées Enfant caché, il doit sa survie à des Justes alors que les hauts fonctionnaires du régime de Vichy collaborent à la chasse aux Juifs. Par un étrange déni, il ne s’était jusqu’ici jamais interrogé dans son travail sur cet  » État français  » qui a mobilisé tous les moyens pour le traquer. Il retrace, dans ce livre émouvant, les années de persécution de son enfance à partir d’archives saisissantes, tant locales que nationales, Il pose surtout en des termes nouveaux, la question de la continuité entre la République et Vichy. L’État devenu  » français  » sous la houlette des droites extrêmes, est-ce encore l’État ?

Professeur de sociologie politique à l’université Panthéon-Sorbonne et à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, Pierre Birnbaum a été maître-assistant à Bordeaux.

 

Animation Serge LA BARBERA

 

 

 

16h30 – David DUFRESNE et Pierre VERMEREN

 

         Animation Bernard COLLONGEON

 

 

 

DIMANCHE 21 JUIN

9h30 – PETIT-DÉJEUNER PUBLIC avec

         Olivier MARGOT,

auteur de L’homme qui n’est jamais mort (JC.Lattès, janvier 2020).

Qui connaît le nom de Matthias Sindelar ?

Matthias Sindelar était le capitaine et le buteur de la formidable équipe d’Autriche, la Wunderteam, qui domina le football européen dans les années 30. D’origine pauvre, venant d’un quartier d’immigrés, Sindelar était un artiste de ce jeu. On le surnomma le Mozart du football. Il inventa un jeu musical, collectif d’où l’art n’était jamais absent. Il faisait du terrain son territoire poétique. Dans la capitale de l’Autriche, alors métropole intellectuelle du monde, il était la déclinaison footballistique du génie viennois et devint la coqueluche de l’intelligentsia de la ville. Il fréquenta des personnalités comme le musicien Arnold Schönberg, le cinéaste Fritz Lang, l’architecte Josef Hofmann, le journaliste Josef Torbeg et même le psychanalyste Sigmund Freud.

Après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, Sindelar refusa de porter le maillot du troisième Reich. Il s’opposa à la politique nazie. Lors de ce match que les dignitaires nazis présentaient comme le « grand match de la fraternité » Il fut le maître d’œuvre de la victoire de l’Autriche sur l’Allemagne. Alors que tous les intellectuels ont dû fuir, Sindelar reste vivre à Vienne.

Fidèle à ses origines populaires, à son quartier, le Favoriten, qu’on surnommait Vienne la rouge, il compte de nombreux amis juifs et tziganes. Les historiens s’accordent à dire qu’il en est mort, assassiné par la Gestapo.

Fruit de vingt ans d’enquête c’est l’histoire de ce héros que nous présente Olivier Margot qui a été rédacteur en chef à L’Equipe durant vingt-cinq ans.

                                              Animation Christian LECOMTE

 

 

10h40 – Vincent MILLIOT et Vincent DENIS

Que font les historiens de la police?

Parler de la police est depuis longtemps un sujet sensible, peut-être plus encore de nos jours alors que s’affrontent dans l’actualité de multiples récits sur l’action policière. Beaucoup sont partiels et partiaux, liés à des entreprises communicationnelles, fictionnelles, corporatistes, dénonciatrices, militantes. Alors que les discours sur la police prolifèrent, les récits des historiens sont minoritaires et parfois difficilement audibles. Et paradoxalement dans un large public, l’histoire de la police est mal connue. Pourtant, le travail des historiens est susceptible d’offrir des clefs de compréhension, dépassionnées et non instrumentales, sur l’évolution en longue durée des rapports entre la société, l’État et sa police. En fouillant patiemment dans les archives, en se posant de nouvelles questions, ils reconstituent à la fois la formation progressive de groupes de professionnels de l’ordre public, brossent les attentes des populations à leur égard et dévoilent les multiples enjeux comme les difficultés de la construction de l’ordre public.

Vincent Denis est maître de conférences en histoire moderne à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, membre honoraire de l’Institut Universitaire de France. Ses recherches portent sur l’histoire sociale de l’État, les savoirs administratifs, la police, la mobilité et l’identification des personnes, dans la seconde modernité (1650-1789), la Révolution française et l’époque napoléonienne. Il a publié Une histoire de l’identité. France, 1715-1815 (Champ Vallon, 2008) et L’Histoire de l’identification des personnes Moyen Âge à nos jours (La Découverte, 2010, en collaboration avec Ilsen About). Il est un des co-auteurs de l’Histoire des polices, des guerres de religion à nos jours (Belin, 2020). Il prépare un ouvrage sur la police parisienne pendant la Révolution française.

Vincent Milliot est professeur d’histoire moderne à l’Université Paris 8. Ses travaux portent sur l’histoire des régulations sociales à l’époque moderne (1650-1789), sur l’histoire des savoirs et des pratiques administratives et des polices au Siècle des Lumières. Il a notamment publié aux éditions Champ Vallon, Un policier des Lumières. Mémoires de l’ancien lieutenant général de police Lenoir (2011) et « L’admirable police ». Tenir Paris au Siècle des Lumières (2016). Il vient de diriger l’Histoire des polices, des guerres de religion à nos jours (Belin, 2020)

Vincent Denis et Vincent Milliot sont tous deux commissaires scientifiques de l’exposition « La police des Lumières. Ordre et désordre dans les villes au XVIIIe siècle », organisée à Paris, aux Archives nationales (jusqu’au 29 juin 2020). 

                                  Animation Michel COMBET

 

 

14h – PRÉSENTATION DE L’EXPOSITION

 

 

14h30 -Beata UMPYEYI-MAIRESSE

                                            Le dire d’après…

Trois femmes de trois générations différentes, entretiennent, chacune, un certain rapport à la parole et à la langue.

Comment nous parlions-nous avant ? demande la plus jeune.

Comment s’appuyer encore sur la parole, après le pire ? Que transmettre à la génération suivante?

Dans son dernier livre Tous tes enfants dispersés Beata Umubyeyi Mairesse fait entendre trois voix de femmes cernées par le silence et tourmentées par une question : comment dire? 

Après deux recueils de nouvelles, Ejo et Lézardes, puis un recueil de poésie, l’écrivaine franco-rwandaise Beata Umubyeyi Mairesse signe son premier roman, Tous tes enfants dispersés. Elle évoque le Rwanda son pays de naissance qu’elle a fui; l’auteure a survécu au génocide, cachée dans une cave et a grandi en France. Son livre parle du métissage, de l’exil, et de la transmission à travers l’histoire d’une famille meurtrie. « J’ai écrit ce roman en pensant qu’il fallait que ce soit une histoire qui console, pas uniquement moi ou les survivants du génocide au Rwanda mais toute personne qui s’est retrouvée, dans sa vie ou dans sa famille, confrontée à des silences terribles« 

      Animation : Véronique PANNETIER                           

 

 

 

 

 

 

 

16h –

Échange animé par l’écrivain

 
Hervé LE CORRE